Samedi matin au cinéma UGC Ciné cité les Halles à
Paris, 11 heures. À la caisse, six adultes accompagnés de neuf
enfants achètent leurs billets pour le nouveau
Disney, La Princesse et la
Grenouille . Au contrôle, l'employée demande
l'âge des petits. La plus jeune a 2 ans et 10 mois. «Du coup,
l'entrée nous a été refusée», témoigne l'un des pères, Éric
Bordron. Le groupe passe outre.
Après les publicités, la lumière s'éteint mais le
film ne démarre pas. Au lieu de l'univers féerique attendu, ce sont
des policiers qui débarquent, torche en main, éclairant le visage
des spectateurs rang par rang jusqu'à ce que l'ouvreuse désigne les
trois familles récalcitrantes. À la sortie, «nous avons été
encerclés par une dizaine d'autres policiers, matraques en
évidence», assure Éric Bordron. Les gamins pleurent. «Pour éviter
de finir au commissariat, nous avons quitté les lieux. Nous avons
perdu nos cent euros car UGC a refusé de nous
rembourser.»
L'exploitant a en fait respecté l'article 198 de
l'ordonnance de préfecture de police de Paris du 1 er janvier 1927,
toujours en vigueur : «Toute entrée est interdite aux enfants de
moins de 3 ans.» Il est vrai le son est souvent trop fort pour les
tout-petits et leur attention ne dépasse pas trente minutes. Si nul
n'est censé ignorer la loi, il serait quand même judicieux de la
rappeler à l'entrée des salles. Surtout celles qui projettent des
films pour enfants.
Je disais donc que je ne pouvais laisser
passer sous silence ce fait-divers.Quelle est cette société, cette
police, toutes ces interdictions qui nous pourrissent la vie
?
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